Le choix de l’antidépresseur peut être influencé par l’indice de masse corporelle et par le sexe du patient

Selon une nouvelle recherche (non subventionnée par l’industrie pharmaceutique), si on traite des patients déprimés avec un IMC élevé, on peut doubler le nombre de personnes qui répondent à un antidépresseur lors du premier essai en choisissant la bonne molécule.

Il s’agit d’une étude rétrospective de 659 patients adultes (18-65 ans) souffrant d’une dépression majeure.

Ils recevaient de façon aléatoire durant 8 semaines soit l’escitalopram, la sertraline ou la venlafaxine XR. L’IMC variait de 19 à 72 kg/m2.

42% des patients étaient normaux, 28% avaient un surpoids et 31% étaient obèses [classe I (15%), II (10%) et III (6%)].

Les chercheurs on trouvé que comparativement  aux patients ayant un poids normal, les patients obèses morbides (particulièrement classes II et III) avaient significativement plus de chances de rémission avec la venlafaxine XR.

Cet effet était attribuable à une réduction des symptômes physiques tels que les problèmes de sommeil,  l’anxiété somatique et l’appétit/poids.

 

De plus, les femmes obèses (classes II et III) étaient plus enclines à atteindre la rémission que les hommes obèses, peu importe l’antidépresseur reçu. Cet effet était associé à des changements dans les symptômes cognitifs, incluant les idées suicidaires, la culpabilité, l’anxiété psychique et les changements psychomoteurs.

 

Les auteurs spéculent que les patients obèses avec dépression anxieuse ont tendance à manger plus. La venlafaxine qui agit sur la noradrénaline joue un rôle dans l’anxiété et réduit la prise d’aliments ce qui mène à une amélioration des symptômes physiques (fatigue, maux de tête et douleurs musculaires). De même, selon leur hypothèse, la formulation XR de la venlafaxine permettrait la libération du médicament sur une longue période et l’augmentation de l’IMC conduirait à une accumulation de la venlafaxine dans le tissu adipeux et donc à un séjour plus long dans l’organisme.

 

On sait déjà que moins de 40% des patients atteignent la rémission après un premier traitement antidépresseur. Étant donné qu’il y a peu de risques à essayer la venlafaxine XR en premier chez cette catégorie de patients obèses (particulièrement s’il y a présence de symptômes physiques), il y a donc peu de raisons de ne pas l’essayer.

 

 

 

Référence :

 

Green E, Goldstein-Piekarski AN, Schatzberg AF et al. Personalizing antidepressant choice by sex, body mass index, and symptom profile: An iSPOT-D report. Personalized medicine in psychiatry 1-2 (2017) : 65-73.