Le risque suicidaire : comment l’évaluer

Échelle SADPERSONS :

  • S: sexe masculin
  • A: âge: <19 et >45 ans
  • D: dépression
  • P: previous attempt (tentative(s) antérieure(s) de suicide)
  • E: éthanol (abus ou dépendance à l’alcool)
  • R: rational thinking loss (perte de la pensée rationnelle ex. psychose ou manie)
  • S: séparé (divorcé, veuf…)
  • O: organized plan (plan précis organisé de suicide ex. fusil, corde)
  • N: no social support (aucun soutien social)
  • S: sickness (maladie physique)
  • Pointage: 1 point par item
  • 0-2 : retour à la maison,
  • 3-4 : revoir fréquemment,
  • 5-6 : considérer l’hospitalisation,
  • 7-10 : l’hospitalisation assurément.

Chez les adolescents, les facteurs suivants sont importants à considérer dans l’évaluation du risque suicidaire :

  • Histoire d’abus physique ou sexuel
  • Utilisation de drogues et/ou d’alcool
  • Tentative(s) antérieure(s) de suicide
  • Intimidation
  • Orientation sexuelle
  • Problèmes personnels de santé mentale prédisposant au suicide
  • Utilisation de l’internet plus de 5 heures par jour

Certains autres facteurs de risques sont à considérer dans l’évaluation du risque suicidaire:

  • Présence d’une maladie affective bipolaire :

Parmi toutes les conditions psychiatriques, la maladie bipolaire présente le plus haut risque de suicide et de tentatives de suicide. Le risque de mortalité par suicide est augmenté de 10 fois dans cette population. L’impact de cette maladie sur le taux de suicide est plus grand chez les Femmes que chez les Hommes. N’oubliez pas que parfois la maladie bipolaire n’est pas encore diagnostiquée.

  • Présence d’un TDA (trouble déficitaire de l’attention) avec ou sans Hyperactivité :

Le risque de suicide est particulièrement élevé chez les enfants âgés de 5 à 11 ans (à l’école élémentaire). En fait, les enfants de cette tranche d’âge qui meurent par suicide sont plus enclins à souffrir de TDA/TDAH qu’à souffrir de dépression ou de dysthymie. Ils sont aussi plus à risques si ce sont des garçons et de race noire. Les signes avertisseurs chez ces enfants sont : le fait de faire une déclaration suicidaire, de se sentir malheureux pour une période prolongée, de cesser tout à coup de voir ses amis ou de faire ses activités scolaires et de devenir soudainement irritable ou agressif de façon marquée.

En général, les individus atteints de TDAH sont 5.5 fois plus à risque de développer une dépression majeure. La co-occurrence de ces deux problèmes est associée avec une morbidité substantielle notamment un plus grand risque de comportements suicidaires et d’hospitalisation et une plus grande probabilité de maladie bipolaire. Chez les adolescents, les symptômes de TDAH ont un effet plus puissant sur la sévérité de la dépression chez les filles que chez les garçons. Le traitement hâtif du TDAH permet une diminution du risque de dépression majeure.

  • Début d’un antidépresseur avec une dose élevée :

Cette façon de faire augmente le risque d’idées et des comportements suicidaires

  • Au cours des 4 premières semaines de traitement avec l’antidépresseur particulièrement chez les moins de 25 ans : le risque d’augmentation des idées suicidaires est plus élevé. Ces patients doivent donc être surveillés aux semaines. Cependant la période la plus à risque de tentatives suicidaires est le mois précédent l’initiation du traitement. (Miller et al 2014, Brent & Gibbons 2014, Courtet et al 2014 )

Un outil s’est récemment montré très intéressant pour détecter le patient suicidaire. La réactivité électrodermique (réaction de la peau qui devient conductrice d’électricité suite à l’augmentation de la sécrétion des glandes sudoripares) mesurée par un appareil spécifique pourrait être vérifiée très tôt chez le patient à risque. Dans une étude suédoise, le pourcentage de patients déprimés hyporéactifs à un stimulus d’intensité modérément forte, qui ont par la suite commis le suicide, a été de 86 à 97% alors que le pourcentage de patients réactifs électrodermiquement et qui n’ont pas commis le suicide, a été de 96 à 98%. Cette hyporéactivité semble être stable sur au moins 1 à 2 ans chez le patient en rémission.

Après vérification, un appareil tel le PIP White Skin BioFeedback Electrodermal Stress Measurement System (produit de Galvanic) qui détecte l’activité électrodermique au bout des doigts coûterait environ $250.00 dollars canadiens sur le site Amazon. Il fonctionne avec un portable ou une tablette (IOS ou Android). D’autres appareils comme le iCalm, le Embrace (produit de Empatica), le GSR2X Biofeedback Relaxation System (produit de Thought Technology) peuvent aussi mesurer la réactivité électrodermique.

Références :